Hormones après l’accouchement : que se passe-t-il dans le corps ?

Hormones après l’accouchement : que se passe-t-il dans le corps ?

On parle beaucoup des hormones pendant la grossesse.

Des nausées aux changements de peau, des émotions à la croissance des cheveux, elles semblent être partout.

Puis le bébé naît.

Et les hormones disparaissent presque complètement de la conversation.

Pourtant, l’accouchement déclenche l’un des changements hormonaux les plus rapides de cette période de vie.

Comprendre ce qui se passe permet parfois de regarder autrement certains bouleversements des premiers jours et des premiers mois.

Pourquoi les hormones changent-elles brutalement après l’accouchement ?

Pendant la grossesse, le placenta joue un rôle hormonal majeur.

Les taux d’œstrogènes et de progestérone augmentent considérablement afin d’accompagner la grossesse.

Après la naissance et l’expulsion du placenta, ces taux chutent rapidement. Des sources médicales décrivent un retour très rapide des œstrogènes et de la progestérone vers leurs niveaux d’avant grossesse dans les premiers jours.

Le corps passe donc, en très peu de temps, d’un environnement hormonal de grossesse à celui du post-partum.

Et cette transition accompagne de nombreux autres changements physiques.

Que deviennent les œstrogènes après l’accouchement ?

Les œstrogènes ont augmenté pendant la grossesse.

Après l’accouchement, leur taux diminue fortement.

Cette baisse fait partie de la transition physiologique normale du post-partum.

Elle peut notamment contribuer à certains phénomènes observés après l’accouchement. Les variations hormonales sont, par exemple, impliquées dans les sueurs nocturnes que certaines femmes connaissent pendant les premières semaines.

Lorsque l’allaitement se poursuit, le contexte hormonal est encore différent et le retour du cycle menstruel varie considérablement d’une femme à l’autre.

Que devient la progestérone ?

La progestérone fait elle aussi partie des hormones dont les concentrations augmentent pendant la grossesse avant de diminuer brutalement après la délivrance du placenta.

Cette chute participe notamment au changement qui permet à la lactation de véritablement se mettre en route.

En effet, lorsque les taux élevés d’œstrogènes et de progestérone disparaissent après l’accouchement, la prolactine peut exercer plus pleinement son action sur la production de lait.

La prolactine : l’hormone étroitement liée à la lactation

La prolactine est produite principalement par l’hypophyse.

Elle intervient notamment dans le développement des glandes mammaires et dans la production de lait.

Chez une femme qui allaite, la stimulation du mamelon lors des tétées contribue à la libération de prolactine.

Cela signifie aussi qu’il n’existe pas un seul profil hormonal post-partum.

Une femme qui allaite et une femme qui n’allaite pas peuvent connaître des évolutions hormonales différentes.

Et cela ne rend aucune de ces expériences plus ou moins « normale ».

L’ocytocine : bien plus que « l’hormone de l’amour »

L’ocytocine est souvent présentée de manière très romantique.

Son rôle physiologique est pourtant concret.

Elle participe aux contractions utérines lors de l’accouchement et joue ensuite un rôle dans le réflexe d’éjection du lait pendant l’allaitement.

Le corps continue donc à utiliser certaines hormones associées à la naissance bien après la sortie de la salle d’accouchement.

Pourquoi peut-on se sentir si émotive après l’accouchement ?

Quelques jours après avoir donné naissance, certaines femmes peuvent passer du rire aux larmes avec une facilité déconcertante.

La chute hormonale peut participer à cette période d’instabilité émotionnelle, mais elle n’est pas la seule explication.

Il faut y ajouter la fatigue, le manque de sommeil, la récupération physique, la responsabilité nouvelle d’un bébé, les changements relationnels et parfois un accouchement difficile.

Le baby blues est fréquent dans les premiers jours et s'améliore généralement spontanément en moins de deux semaines.

En revanche, il ne faut pas attribuer systématiquement une souffrance psychique aux « hormones ».

Une tristesse ou une anxiété qui persistent, s’aggravent, empêchent de fonctionner ou s’accompagnent de pensées inquiétantes nécessitent d’en parler rapidement à un professionnel de santé. La dépression postnatale peut apparaître après la naissance et mérite une véritable prise en charge.

Les hormones peuvent-elles expliquer la chute de cheveux ?

Elles participent au phénomène, mais la réalité est plus intéressante qu’un simple « dérèglement hormonal ».

Pendant la grossesse, les modifications hormonales influencent le cycle capillaire et beaucoup de femmes remarquent une chevelure plus dense.

Après l’accouchement, le changement hormonal modifie cet équilibre.

Quelques mois plus tard, de nombreux cheveux peuvent arriver simultanément au stade où ils tombent.

Voilà pourquoi la chute semble parfois spectaculaire.

Pour comprendre ce mécanisme en détail : Chute de cheveux post-partum : pourquoi perd-on ses cheveux après l’accouchement ?

Puis : Comprendre le cycle du cheveu : pourquoi la chute est-elle si impressionnante ?

Et : Comment favoriser une repousse saine après l’accouchement ?

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Et la peau après l’accouchement ?

Elle aussi vient de traverser neuf mois de transformations.

Les variations hormonales, le changement de volume du corps, le sommeil, le stress et les nouvelles habitudes peuvent modifier son apparence et ses sensations.

Ce n'est donc pas forcément le moment de lui imposer une routine complexe.

Hydrater, nourrir, masser si cela est confortable et surtout respecter la récupération du corps peuvent suffire à reconstruire progressivement un rituel.

À découvrir : Quels soins utiliser pendant la grossesse ? Le guide pour prendre soin de sa peau

À lire également : Beurre de karité, huile de coco et amande douce : le trio incontournable pour prendre soin de sa peau pendant la grossesse.

Combien de temps faut-il pour que les hormones se stabilisent ?

C’est probablement la question la plus tentante.

Et celle à laquelle il faut éviter de donner un chiffre universel.

Toutes les hormones n’évoluent pas au même rythme.

L’allaitement influence notamment la prolactine et le fonctionnement de l’axe reproductif. Le retour des règles peut également varier considérablement.

Le corps ne possède donc pas un bouton permettant de « réinitialiser les hormones » à une date précise.

Le post-partum est une transition.

À lire : Post-partum : combien de temps dure-t-il vraiment ?

Peut-on « rééquilibrer ses hormones » naturellement ?

Il faut être prudente avec cette expression très populaire sur les réseaux sociaux.

Après un accouchement, de nombreuses évolutions hormonales sont physiologiques : elles ne constituent pas nécessairement un déséquilibre à corriger.

Une alimentation adaptée, du repos autant que possible, une activité physique reprise selon les recommandations des professionnels qui suivent la femme et du soutien peuvent participer au bien-être général.

Mais une alimentation, une huile ou un complément alimentaire ne doit pas être présenté comme capable de « rééquilibrer les hormones » sans indication médicale.

Si des symptômes paraissent inhabituels, très intenses ou persistent, mieux vaut rechercher leur cause avec un médecin ou une sage-femme plutôt que de conclure soi-même à un « dérèglement hormonal ».

FAQ — Hormones après l’accouchement

Pourquoi les hormones chutent-elles après l’accouchement ?

Notamment parce que le placenta, qui jouait un rôle hormonal majeur pendant la grossesse, est expulsé après la naissance.

Quelles hormones diminuent après l’accouchement ?

Les œstrogènes et la progestérone connaissent notamment une chute rapide.

Quelle hormone permet la production du lait ?

La prolactine joue un rôle central dans la production du lait, tandis que l’ocytocine intervient notamment dans son éjection.

Les hormones sont-elles responsables du baby blues ?

Les changements hormonaux peuvent y contribuer, mais le post-partum comporte aussi de nombreux bouleversements physiques, psychologiques et sociaux.

Combien de temps faut-il pour retrouver un équilibre hormonal ?

Il n’existe pas une durée unique applicable à toutes les hormones et toutes les femmes, notamment parce que l’allaitement influence certaines évolutions hormonales.

Le regard de MEUMA

Pendant neuf mois, le corps change pour accueillir une vie.

Après la naissance, il ne revient pas instantanément à son point de départ.

Il change encore.

Et derrière certains bouleversements que l’on juge parfois trop vite — les cheveux qui tombent, la peau différente, les émotions, la fatigue — se trouve un organisme qui poursuit son adaptation.

Comprendre son corps permet aussi de lui demander un peu moins d’être immédiatement « comme avant ».

Et peut-être de lui accorder davantage de temps.

Un instant pour toi, MEUMA.

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